L'engrenage IA: réprimer, automatiser, galvaniser la foule révolutionnaire (1/2)
Engrenage : le néo-capitalisme réprime férocement afin d'automatiser tous les jobs, ce qui galvanise les foules qui résistent avec le Pape. L'étrange Connerie Universelle de l'IA frappe l'élite...
Jusqu’où l’IA rend nos élites connes ?
Je tente de répondre à cette vaste question, volontairement provocante, en deux lettres; vous lisez la première. Mon hypothèse de romancier est que nos élites sont frappées par une étrange maladie, la Connerie Universelle. Autant dire que L’Étrange défaite de Marc Bloch n’est pas loin, et qu’il est temps de rentrer en résistance.
Mon arme est ma petite plume face à la bombe atomique d’une IA à 14 trillions. Les élites américaines, mais aussi françaises, utilisent déjà cette arme pour surveiller et réprimer: le business plan du néo-capitalisme est d’automatiser tous les jobs (voir plus bas).
Mais les avons nous élu pour cela ? Non, mille fois non ! Alors je résisterai farouchement, avec l’arme de ma plume.
Je développe dans ces lettres pourquoi nous sous-estimons tous la force ancestrale et prodigieuse de cette plume maniée comme un étendard. Voici le message de résistance tenace que je désire partager avec vous:
Quoi qu’il arrive dans le monde brutal et incertain de l’IA dans lequel nous basculons, qu’on le veuille ou non, quels que soient les trillions investis dans les data-centers, l’écriture manuscrite, l’art du scribe médiéval, restera supérieure à cette technologie abrutissante pour développer notre intelligence, notre valeur intellectuelle. Le Pape l’a compris.
Evidemment, nos élites arrogantes, aveuglées par l’appât du gain, resteront incapables de comprendre cette vérité d’ordre transcendentale. Et scientifique. Avec l’écriture, il revient à chacun d’aller “Au delà de SA valeur intellectuelle”, et surtout de la garder… Il s’agit de nous accomplir dans la vie: ce n’est pas rien. Et mon arme est gratuite, qui dit mieux ? N’avez-vous pas envie de la transmettre à vos enfants ?
La conséquence de cet immense paradoxe de l’écriture (ou du dessin, de la musique,…) est ironique et vitale. Pourquoi ? Une forme étrange de maladie virale, de Connerie Universelle s’empare de l’élite. Le cas d’Accenture et de ses centaines de milliers de consultants de haut vol, que je vous raconte aujourd’hui, est emblématique.
En lisant, il y a six mois, cette déclaration de guerre trumpienne à la fois absurde et terrifiante, j’ai eu envie d’écrire une fiction absurde - une comédie noire à la Dr Folamour sur la bombe de l’IA ; c’est ma façon à moi de me révolter en m’amusant.
Avec un trillion par an en plus sur NOTRE IA souveraine, on contrôle l’arme atomique de notre révolution, la guerre MAGA contre l’emploi. Avec la surveillance, la répression doit crucifier la révolte (fourches) afin d’automatiser pour de bon tous les jobs, contrôler les récits, brûler les livres. Pour se débarrasser des lois et de la démocratie. Cette arme peut tout capturer: 100% de la valeur intellectuelle, 100% de la richesse du monde. Déclaration de guerre de Curtis Yarvin et de Peter Thiel, théoriciens du néo-capitalisme MAGA
Les héroïnes de ma fiction techno-politique, trois femmes écrivaines d’origine franco-américaines, plumes en forme de fourches à la main, écrivent un livre interdit par le président Tromp-la-Mort. Condamnées à mort, elles osent défier son néo-capitalisme avec leur question centrale : À qui appartient la valeur intellectuelle du temps ? Elles soulevent les foules de la contre-culture, le Pape les rejoint. Elles savent que Néron, le président français, se prend, comme Trump et Musk, pour Dieu. Il a truqué les dernières élections de 2027 pour installer un président d’extrême droite; il compte “enfourcher le chaos”. Le coup d’état de Tromp déclenche une étrange catastrophe escaladante, un engrenage absurde. Pour finir d’automatiser tous les jobs, l’élite est forcée de réprimer toujours plus, ce qui galvanise la résistance. Mais les puissants de ce monde sont frappés par l’étrange Connerie Universelle de l’IA. Et quand le Pape s’en mêle avec sa seconde encyclique sur l’IA ...
Dans le second épisode, j’approfondis cette question centrale brandie comme un étendard par mes héroïnes.
À qui appartient la valeur intellectuelle du temps, celle de l’art du scribe médiéval ?
Le point clé est qu’elle se pose à la modernité technologique depuis l’âge médiéval de Gutenberg. Or cette technologie d’écriture a engendré des siècles de révolutions (cf Delacroix)…
Vous vous doutez que ma réponse à cette question ne sera pas la même que celle de Trump, de Musk, et de Macron. Je leur dis “Non, mille fois non !”. Ces prétentieux qui se prennent pour Dieu vont être surpris par un engrenage étrange, par la nouvelle échelle des foules qui se rebellent…
L’ère de l’étrange Connerie Universelle
Cette semaine, j’écoute notre trio d’élite — Macron, Bolloré et Arnault, chanter à Vivatech et à Versailles la gloire de la tech et des oligarques américains. Sans qu’ils l’avouent, leur soumission au business plan du néo-capitalisme est patente. Je me demande:
Se prennent-ils pour Dieu ? Existe-t-il une limite supérieure à leur arrogance ?
À tout seigneur tout honneur, j’écoute le président de notre start-up nation, Macron. On sait qu’il se prend depuis 2017 pour le maître de l’univers, qu’il s’estime être au-dessus des lois, puisqu’il viole celles qui protègent notre vie privée. Son mépris des gens est si élevé qu’il dit lui-même qu’il suffit de traverser la rue pour trouver un emploi; alors qu’avec l’IA à Vivatech, il envisage secrètement de supprimer tous les jobs pour faire baisser les salaires.
L’avons-nous élu pour cela ? Non ! Il me donne envie de lui planter ma petite plume en plein figure. Un verre de champagne à la main, ce nouveau Néron fraye avec tous les empereurs américains qui se moquent des lois. Nous sommes bons à être surveillés, c’est tout; pour eux, nous sommes un stock de données, pas un peuple.
En effet, les lois sont faites pour les crétins du petit peuple qui travaillent et qui les regardent pavaner à Versailles et Vivatech: l’IA surveille à tout instant et viole sans vergogne les règles de la propriété intellectuelle. Cette technologie addictive vole 100% de notre valeur intellectuelle. Et avec notre consentement d’imbéciles, en plus.
J’écoute ensuite le PDG de LVMH-Les Échos, Bernard Arnault. Je constate que la taille de son orgueil, en tout point comparable à celle de sa richesse, dépasse celle de la Tour Eiffel. Son groupe habille les corps, son IA déshabille les esprits.
Puis vient le tour du dirigeant d’Accenture. Or ce manager visionnaire nous fournit le cas d’école de l’auto-sabordage d’un dirigeant frappé par une étrange maladie de l’âge de l’IA, la Connerie Universelle. Une forme de démence managériale scalable. En effet, en septembre dernier, avec une première déclaration boursière fracassante, ce dirigeant sans imagination - excusez ce pléonasme, promet la “transfiguration d’Accenture par l’IA”. Il se trouve qu’il récolte cette semaine une violente gifle boursière, preuve de sa Connerie devient aussi Escaladante. Quand la Bourse commence à sanctionner la messe de l’IA, ce n’est pas le marché qui devient lucide, c’est le délire qui devient trop cher.
Cette catastrophe boursière est la preuve éclatante que les produits d’emmerdification artificielle, de bouillie technologique, de degré zéro de la créativité, que Bolloré, Arnaud, Accenture et les autres grands dirigeants nous préparent, ne se monétise pas éternellement. Mais il y a plus ironique encore, si c’était possible. Quand je pense que nos élites visionnaires se félicitent d’avoir atteint la somme abyssale de 14 trillions d’investissement sur l’IA, je me demande en lisant ce nouveau sondage s’ils ne sont pas atteints d’une maladie étrange: la stupidité assistée par algorithme. En effet, selon ce sondage de WordPress VIP, Future of the Web 2026:
Sondage: plus de 60% de gens rejettent les marques qui utilisent l’IA.
Et ce rejet s’intensifie: l’IA est un repoussoir, en aucun cas un atout. Leur rejet est de plus en plus violent parce que l’IA remplace leurs jobs. Les fourches se lèvent.
Dit autrement, nos élites magnificentes ne devraient pas prendre les gens pour des crétins trop longtemps. On peut prendre les gens pour des cons de temps en temps. Mais on ne peut pas prendre tous les gens pour des imbéciles en permanence. Le mouvement de résistance s’amplifie, je ne suis pas seul.
Les faits, version tragico-burlesque
En septembre, Accenture fanfaronne : 3 milliards misés sur l’IA, promesse de « massive transformation », slides PowerPoint pleins de néons et d’yeux de cyborgs, le tout vendu comme la nouvelle Renaissance numérique. Quelques trimestres plus tard, on voit plus haut👆 que le marché répond avec la délicatesse d’une exaspération conjugalement mûrie : action en chute d’environ 18% dans la journée, près de 23% sur la semaine, plus de 50% sous le plus haut sur 52 semaines, après un « quarter » jugé décevant.
Là où l’entreprise annonçait l’IA comme un exosquelette magique pour son business, on découvre surtout un bel exosquelette… vide, qui plombe la marche au lieu de l’alléger.
La Connerie Autodestructive en action
Première couche de connerie : confondre marketing et réalité. Accenture a proclamé que l’IA allait transformer son business, alors que la réalité empirique – études MIT, McKinsey, Bain, etc. – montre que les gains de la génération actuelle de GenAI restent modestes et très loin des promesses d’hyper-productivité. On fait semblant d’ignorer que la plupart des gains sont bouffés par la dette technique, la complexité, et les coûts d’intégration.
Deuxième couche : croire qu’en déployant massivement l’IA, on devient automatiquement le gagnant, alors qu’il est tout à fait possible que la concurrence – y compris des solutions IA qui désintermédient les consultants – soit en train de rogner directement le cœur du modèle Accenture. Résultat : l’IA, censée sauver la maison, devient l’outil qui révèle que le château était déjà en carton.
La grande farce du « RoI IA »
Accenture n’est pas une anomalie, mais une preuve de tendance lourde: le retour sur investissement de l’IA ne tient pas les promesses des présentations de consultants. Le « tokenmaxxing » – cette obsession de brûler des milliards de tokens comme on brûlait jadis des cierges – commence à mourir, car les grands clients constatent que les miracles annoncés ne se matérialisent pas. Sauf qu’ici, le miracle n’est pas au ciel, il est dans les slides PowerPoint. Et il n’arrive jamais.
La question soulevée, en creux, est alors limpide : que se passe-t-il quand des entreprises phares réorganisent leur stratégie autour d’une religion technologique qui ne tient aucun de ses miracles promis ? Ils ont la liturgie (keynotes), les prêtres (consultants), les reliques (datacenters), il leur manque juste un détail : les miracles.
On obtient exactement ce dont le calife d’Accenture fait preuve : une connerie autodestructive, où l’on s’auto-hypnotise avec des slogans sur l’IA jusqu’à se prendre de plein fouet la réalité économique.
Si je n’aimais pas tant l’écriture, je m’amuserais à imaginer les pitchs actuels d’Accenture à ses grands clients - peut-être Bolloré lui-même, sur « comment l’IA va sauver votre entreprise » alors qu’elle vient de torpiller la sienne ?
Résister: désarmer l’IA
Le monde marche sur la tête. Je ne suis pas technophobe, loin de là, mais on voit que nos élites nous forcent à déléguer notre capacité la plus vitale, l’écriture, à la machine, ce qui nous rend scientifiquement plus bête. Nous allons voir pourquoi.
Je ne suis pas croyant, mais je me surprends à lire le Pape. Il refonde une force morale avec son encyclique Magnifica humanitas, il appelle à résister à l’IA avec la force de l’esprit. C’est à dire avec la force d’une pensée singulière, celle de l’écriture humaine.
Quel paradoxe. Moi qui mangeait du curé au petit déjeuner dans ma jeunesse, le Pape devient la seule “élite” que je respecte. Lui, au moins, a su réfléchir à l’essentiel —quelles valeurs pour naviguer demain, alors que nos politiques et nos dirigeants économiques, eux, piétinent toute valeur morale. Moi qui ai travaillé dans la technologie toute ma vie, je n’aurais jamais parié qu’un jour, entre un Pape et un PDG de la tech, c’est le Pape qui, à mes yeux, porterait le flambeau en levant sa fourche divine. Et pourtant.
Le Souverain pontife souligne que cette technologie d’élite ne sert qu’à s’enrichir l’élite, qu’elle veut gouverner l’humain au lieu de le servir. Il nous invite à « désarmer l’IA », c’est‑à‑dire à nous soustraire aux logiques de domination, de profit et de guerre qui menacent la dignité et la liberté de la personne.
Je vous propose un espoir de résistance, une antidote gratuite bien plus puissante que l’IA, et accessible à tous. Elle permet même de se moquer de la Connerie Universelle de l’élite. Puisqu’elle veut gouverner nos cerveaux, il est temps de lui rappeller que nous en avons un.
La plume d’Audrey van der Meer dans ma tête
Je me souviens du choc la première fois que j’ai lu le protocole d’Audrey van der Meer. Trente‑six étudiants, des cobayes consentants, affublés de bonnets hérissés de 256 capteurs, comme des arbres de Noël neurologiques. On les assied devant des mots, on leur demande de les écrire à la main, puis de les taper sur un clavier. Et là, le cerveau livre ses secrets. Pendant que les PDG se coiffent de couronnes de lauriers numériques, ces étudiants, eux, se coiffent de capteurs pour prouver une chose simple : un stylo fait infiniment plus pour le cerveau que des milliards brulés dans IA.
Quand les étudiants écrivent à la main, tout s’illumine. Des vagues de signaux entre 3,5 et 12,5 hertz – theta, alpha – qui traversent les régions liées à la mémoire, à l’attention, au traitement sensoriel. Le cortex se met à discuter avec lui‑même comme dans un dîner de famille trop animé. Quand ils tapent au clavier, le même cerveau devient soudain minimaliste, silencieux, presque fainéant.
Je lis ça, et je ne peux pas m’empêcher d’y mettre mon corps. J’imagine ma main qui cherche la lettre, qui trace, qui corrige, qui hésite. Ce micro‑balancement du poignet devient une chorégraphie intérieure : vision, mouvement, mémoire, langage, tout le monde sur scène en même temps. Quand je tape, au contraire, mes doigts appuient sur des touches interchangeables. Mon cerveau sait que chaque lettre est un geste identique, sans relief. Il ne s’étonne plus, il n’explore plus. Il exécute.
Van der Meer le dit presque avec naïveté : écrire à la main, c’est ce qui « challenge » le cerveau, le force à construire des connexions plus riches, plus denses. Traduction émotionnelle : chaque mot manuscrit est un petit acte de présence. Chaque lettre dessinée est une preuve que je suis là, dans mon corps, dans ma phrase. Quand je laisse la machine écrire pour moi, je sens – physiquement – quelque chose qui se coupe. Une lumière qui baisse d’un cran.
Princeton : le jour où 327 étudiants m’ont servi de miroir
Et puis il y a l’autre expérience, plus ancienne, presque banale dans sa cruauté : 327 étudiants, trois expériences, un professeur qui parle, des notes à prendre. La moitié avec un ordinateur portable, l’autre moitié avec un stylo et un cahier. Pas de réseaux sociaux pour tricher, les laptops sont verrouillés, zéro distraction externe. La seule variable, c’est le geste d’écrire.
Résultat : ceux qui tapent vont plus vite, écrivent plus, comme des machines à dictée. Le flux de mots est impressionnant, mais c’est un enregistrement, pas une digestion. Le cerveau transcrit au lieu de penser. Quand on les interroge sur le fond, sur la compréhension des idées, sur la capacité à appliquer ce qu’ils ont entendu, les « scribes du clavier » s’effondrent là où les preneurs de notes manuscrites tiennent bon.
Ce qui me hante, ce n’est pas seulement le score au test. C’est le mécanisme caché derrière. Écrire à la main oblige à sélectionner, reformuler, compresser. Le cerveau n’a pas la vitesse nécessaire pour tout copier, alors il négocie : « Qu’est‑ce qui est important ? Comment je le dis avec mes mots ? ». Ce tri violent est précisément ce qui transforme une information étrangère en pensée intime. À l’inverse, le clavier permet le verbatim, la copie carbone. On croit qu’on a tout gardé, mais on n’a rien fait passer par le feu intérieur.
Le détail le plus terrifiant, pour moi, c’est qu’on a même essayé de “prévenir” les étudiants au clavier : ne copiez pas mot à mot, reformulez. Ils n’y arrivent pas. Le dispositif lui‑même les pousse à la transcription mécanique. Comme si l’outil dictait déjà la manière de penser, indépendamment de la bonne volonté. Comme si, à partir du moment où mes doigts courent plus vite que ma conscience, je me condamne à penser en pilote automatique.
Ces deux études m’inquiètent parce qu’elles me montrent noir sur blanc ce que je ressens confusément depuis des années.
Quand j’écris à la main, mon cerveau est un arbre chargé de lumières.
Quand je tape, il devient un bureau de saisie de données.
Quand je laisse l’IA écrire pour moi, je ne suis même plus au bureau : je suis le stagiaire non payé qui signe la feuille de présence, et qu’on va bientôt virer.
L’Intelligence gratuite du crayon, antidote gratuite à la connerie
Plus l’élite est arrogante - j’ai tenté de vous montrer que sa prétention est sans limites, plus elle veut s’accaparer toute la valeur intellectuelle, toute la richesse du monde, plus elle s’effondre moralement. Comment ? Elle oublie toute valeur et toute loi - plus précisément elle les piétine. Comment ? En buvant du champagne à “Viva les oligarques de la tech”
Que faire de ces arrogants ?
Envoyons-les au Terminus des prétentieux !
“Alors, il dort le gros con ? Ben, il dormira encore mieux quand il aura pris ça dans la gueule ! Il entendra chanter les anges, le gugusse de Montauban… Je vais le renvoyer tout droit à la maison mère… au Terminus des prétentieux !” Audiard, les Tontons flingueurs
Dans le prochain épisode, j’approfondis la question centrale, celle de la guerre messianique de mille ans qui remonte à l’âge médieval. On explore pourquoi, à l’âge de l’IA, cette guerre ne peut que durer mille ans de plus, et s’exacerber. Mieux vaut nous préparer à ce monde incertain et brutal en taillant nos crayons et en aiguisant nos fourches…
Si vous pensez encore que la prétention des élites dans l’histoire longue, celles de droite et comme celles de gauche, n’est pas un problème, je vous invite à relire Machiavel. Leur prétention est un invariant historique qui va de Rome (Néron) à l’Empire de l’IA (Trump, Macron,…). Un patron comme Bolloré ou Arnaud n’est jamais aussi dangereux pour ses salariés, et in fine pour lui-même que lorsqu’il est arrogant. Je ne connais pas de limites à sa prétention à capturer plus de richesses, plus de valeur intellectuelle; or avec l’IA à 14 trillions, il a ce pouvoir et s’en gargarise.
Sauf si, avec notre crayon, avec notre gomme, avec cette technologie ancestrale et gratuite, avec la passion et l’art du scribe, nous levons nos fourches. Sauf si nous retournons leur arme absolue pour remettre en question le fondement du capitalisme. Et comme je ne suis pas technophobe, je cherche une façon de réinventer le processus créatif d’un artiste qui fasse levier sur une autre IA. La première étape consiste à défier nos élites, frappées par la Connerie Universelle, en leur posant cette question dérangeante:
À qui appartient la valeur intellectuelle du temps ?
Avec sa plume satirique, Audiard voulait que Les Tontons flingeurs devienne Le Terminus des prétentieux. Avec ma plume, je rêve que leur Connerie Universelle devienne auto-destructrice. Un engrenage absurde…
Avec notre crayon, notre gomme et notre taille-crayon, nous possédons encore une arme que leurs algorithmes ne comprennent pas : le temps de penser.
Qu’ils courent donc vers leur IA à 14 trillions. Nous, on les attendra au Terminus des prétentieux.
David Jamet, auteur et chercheur. David@livre-contre-ia.fr




